wittring colline chapelle carrière
 
couverture livre bis                                                  

                                   



        WITTRING – UN VILLAGE LORRAIN
DE PAIX ET DE GUERRE
          Une histoire inédite de la Seconde Guerre Mondiale
   LES SECRETS DE LA CARRIERE
 
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Le livre, édité en 400 pages format A4 est le fruit d’une dizaine d’années de recherches sur le passé de Wittring. Scindé en deux parties, l’ouvrage témoigne d’événements heureux et douloureux qui ont marqué la vie du village. Ce sont d’abord des scènes de la vie quotidienne qui tissèrent des liens amicaux indestructibles, fondés sur les valeurs de la fraternité et de la paix. Mais à travers le vécu de son histoire, la communauté wittringeoise connut aussi les vicissitudes belligérantes, provoquées par les conflits mondiaux, partageant en cela le sort dramatique des régions frontalières de l’Est mosellans.
Le titre du livre Un village lorrain, de paix et de guerre, est des plus révélateur de ce balancement historique qui déchira si souvent la quiétude de la vie quotidienne de nos populations, la transformant en des épreuves guerrières insoutenables et meurtrières.
La Première Partie du livre est consacrée à l’évolution du village situé harmonieusement au creux de la vallée verdoyante du Val de Sarre. C’est une page d’histoire du labeur des hommes et des femmes qui, de siècle en siècle nous ont transmis un héritage impérissable fondé sur les valeurs de fraternité et de paix. L’auteur décrit la vie économique, sociale, associative, culturelle et cultuelle de la population. Après un bref rappel historique, il passe en revue l’évolution démographique et des emplois au village depuis le 16ème siècle. L’inauguration en 1864 du Canal des Houillères de la Sarre, l’ouverture en 1895 de la ligne de chemin de fer Sarreguemines-Kalhausen-Strasbourg sortirent le village d’une certaine autarcie. Avec l’ouverture en 1866 des premières carrières à ciel ouvert, Wittring fit sa petite révolution, passant progressivement de l’ère agricole à l’ère industrielle. Dans un tableau consacré à la sociologie professionnelle cette évolution est nettement soulignée. C’est particulièrement dans la deuxième moitié du 19e siècle que le village va connaître son premier frémissement industriel par le passage progressif de l’agriculture et du petit artisanat vers des emplois industriels et salariés. L’auteur du livre passe en revue l’impact sur la vie du village des nouvelles voies de communications, de l’activité des carrières, du commerce, de l’enseignement, sans méconnaître l’influence exercée par la paroisse sur la vie profane à travers d’heureuses initiatives dans le cadre de la vie associative et culturelle.
L’histoire des carrières de Wittring est développée à l’appui d’une documentation riche en écrits et en images, traçant l’évolution de l’activité des premières carrières à ciel ouvert à partir de leur exploitation en 1866 jusqu’au creusement en 1896 du premier tunnel donnant accès aux galeries souterraines. Les carriers ont ainsi creusé en un demi siècle un labyrinthe de plus de 30 kilomètres de galeries qui vont permettre au Troisième Reich, d’y installer pendant la Seconde Guerre mondiale une des plus importantes usine souterraines de production d’oxygène liquide, sans compter les autres fabrications d’armes stratégiques.
La deuxième partie du livre ; partie la plus dense, est entièrement consacrée aux conflits mondiaux. Elle révélera au grand public, le sort tragique réservé à notre bourgade durant la Seconde Guerre mondiale, transformant le village en un haut-lieu stratégique de guerre. Avant d’aborder cette page d’histoire inédite, Robert Mourer aborde la période d’avant la guerre : construction des casemates de la ligne Maginot, du barrage sur la Sarre et le classement de Wittring dans la première catégorie des places de guerre. Il consacre tout un chapitre aux préparatifs de l’évacuation, aux exercices de la défense passive, aux événements de 1938, à la mobilisation générale, à l’évacuation de la population le 1er septembre 1939, au séjour des wittringeois en Charente et leur retour au pays au mois d’août 1940. Commencent alors les années noires avec l’occupation et l’annexion de fait, accompagnées de tant de drames humains provoqués par les incorporations de forces, le sort des insoumis, malgré-nous, réfractaires, déportés et surtout les victimes mortes sur les différents champs de batailles.
Au printemps 1943, le village fut transformé par le Haut Commandement de la Wehrmacht en un lieu de fabrication d’armes stratégiques. La construction de l’usine ultrasecrète dans les carrières souterraines de Wittring fut comme une Epée de Damoclès suspendue au-dessus des têtes de la population. L’oxygène liquide fabriqué dans les galeries de la carrière servait à la propulsion des fusées V1 et V2, armes de représailles (Vergeltungswaffen) acheminé vers le centre de tir de Peenemünde et vers d’autres rampes de lancement installés sur le territoire du Troisième Reich et dans le Nord de la France. Par l’utilisation de ces armes, Hitler promettait au peuple allemand la victoire finale. Avec ses nombreux groupes en ordre de marche, l’usine de production d’oxygène liquide de Wittring pouvait assurer le tir de centaines de fusées A4 que les allemands tirèrent sur Londres, Anvers et Paris. Le site de guerre de Wittring avait prit une dimension hors norme. Environ 8 000 personnes (Militaires de la Wehrmacht, édiles du Parti, personnels civils, prisonniers russes et italiens (Badoglio), travailleurs forcés des pays de l’Est) travaillaient sur ce grand chantier de guerre.
Dans son livre, Robert Mourer évoque les déclarations faites par le Lieutenant Général Walter DORNBERGER, grand patron de la fabrication des armes de représailles (Vergeltungswaffen) en Allemagne et dont Wernher von BRAUN fut le proche collaborateur, lorsqu’il fit état de l’importance du site de production d’oxygène liquide de Wittring pour la combustion et la propulsion des fusées V1 et V2. L’auteur nous apprend, qu’à côté de cette vaste usine souterraine, d’autres armes stratégiques furent fabriquées dans les galeries de la carrière au profit de la Luftwaffe. Les résultats de ses recherches auprès des centres d’archives allemandes, anglaises et américaines confirment le rôle stratégique assigné au site de Wittring par le Haut Commandement de la Wehrmacht et de la Luftwaffe. Lors d’une réunion qui se tenait le 10 mars 1944 à Munich, le Feldmarschall MILCH et Karl Otto SAUR Chef du Jägerstab (Etat Major des escadrilles de chasse) déclarèrent aux dirigeant des usines BMW (Bayerische Motorenwerke) que le site de Wittring était ce qu’il y avait de mieux pour satisfaire aux transferts d’usines d’armement au profit de la Luftwaffe. Il était question de la fabrication à Wittring du 801, moteur radial et premier moteur à réaction. Le livre de Robert Mourer est d’une incontestable portée historique. Il nous apprend que l’usine d’armement souterraine de Wittring était désignée sous le nom de Code KALK I et KALK II et fait extrêmement rare, le site se trouvait placé sous la propriété directe de la Wehrmacht (Heereseigener Betrieb). Le Ministre du Reich avait donné des consignes très strictes, limitant l’accès à l’usine à un groupe restreint d’officiers supérieurs de la Wehrmacht.
Après la libération, une mission militaire américaine visita début 1945 l’usine d’oxygène liquide de Wittring. Les experts militaires américains confirmèrent l’importance stratégique du site. Le lecteur trouvera de nombreuses révélations sur des faits jusqu’ici inconnus et qui lèvent un coin du voile sur cette usine ultra secrète, directement placée sous les ordres de Albert SPEER , Ministre du Reich pour l’armement et les munitions.
Mais le livre de Robert Mourer, ne se limite pas au seul contexte de l’usine souterraine de Wittring. Il aborde dans son livre de nombreux objectifs poursuivis par le Commandement de la Wehrmacht et de la Luftwaffe dans le cadre de la planification et de la réorganisation des plans d’armement en Lorraine et spécialement en Moselle.                                  
                 Ces restructurations affectaient de nombreuses entreprises régionales, comme Villeroy et Boch à Sarreguemines, les carrières souterraines : Katzbach, Gungling et l’ancienne carrière Röchling de Welferding. D’ailleurs dans les carrières de Welferding d’importants travaux étaient en cours de réalisation pour un éventuel déroutement de l’hôpital civil de Sarreguemines vers la carrière. L’auteur dresse un tableau récapitulatif d’une vingtaine de sites souterrains retenus en Lorraine par les autorités militaires allemandes pour recevoir des transferts d’usines d’armement. La recrudescence des bombardements des villes et des centres industriels allemands contraignait le Haut Commandement militaire allemand d’accélérer au plus vite ces délocalisations. Le livre Wittring, un village lorrain de paix et de guerre Une histoire inédite de la Seconde Guerre mondiale dépasse nettement le contexte du village de Wittring. Il apporte une contribution importante à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en terre lorraine. 
                                                                                                                                                                Robert MOURER
 
 
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